Une vieille dame qui s’appuie sur une moto rouge. La vision est très étrange et nous saisit au bas du chemin qui longe notre maison. Une moto sportive rouge y est souvent garée devant un petit portail toujours fermé. Derrière le portail des escaliers doivent mener à une maison. La vieille dame, que l’on avait jamais vue, est appuyée sur la moto avec beaucoup d’assurance, son torse au niveau de la selle et elle a un bras appuyé sur le haut réservoir. De l’autre côté, elle a posé son sac à main sur l’arrière de la selle et de sa main, tient une longue canne. Elle est habillée pour sortir et, malgré la douceur du printemps, elle a un manteau bleu clair boutonné, un foulard, qui est peut-être en soie, bleu foncé noué autour du cou et rentré dans l’encolure du manteau. Aux pieds, elle a de courtes bottines dont on peut se demander si elle ne sont pas fourrées. Elle est assez menue, elle a les cheveux courts et une mise en plis en petites boucles. Le petit portail est ouvert et on comprend qu’elle a dû descendre de sa maison par là et qu’elle doit attendre quelqu’un ou qu’une voiture passe la prendre, fatiguée, elle s’appuie sur la moto. Le rouge très vif, la brillance du métal et le design affuté viennent heurter la douceur un peu passée de la vieille dame. Pourtant, elle semble très à l’aise et même assez contente semble-t-il. On se dit que peut-être elle aime les motos, qu’elle en a fait beaucoup, qu’elle est une passionnée de courses. On pressent une assurance ancienne dans sa manière d’être adossée au bolide, une liberté, qui nous ravit.