Une place très minérale d’une petite ville du Sud de la France. Quand on regarde cette rénovation récente, on se demande comment quelqu’un a pu concevoir une place sans un arbre, sans un banc, sans un coin d’ombre à cet endroit alors qu’il fait extrêmement chaud. Comme si le but était de faire le vide alors que nous sommes à la pointe d’une île qui aurait pu devenir un lieu de rencontres et de repos agréables. Même les bassins, interdits à la baignade, dans leur soit-disant belle conception urbaine sonnent faux entre marbre, granit, écoulement savant et sculpture laide. Heureusement, les enfants n’y voient que la possibilité de se baigner dans une eau fraiche et ont fait la conquête de ce lieu et de ses berges bravant le soleil. Ils plongent et sautent dans les canaux, pataugent, courent, rient, crient, leurs mères les surveillant, installées comme sur une plage. On se prend à rêver qu’on aurait pu penser autrement à ceux qui ne peuvent pas aller à la plage loin de trente kilomètres, coincés dans la chaleur. On aurait pu aménager cet endroit juste avec des arbres et de l’eau pour eux. On admire leur vitalité et leur tranquille simplicité de venir se mettre précisément là et faire “cité” par leur seule présence joyeuse et bruyante, là où on ne voudrait faire qu’une ville faussement embellie et morte.
un jour, une description, le 2 juillet