un jour, une description, les recommencées

7 août 2020

Chaque jour, dans une ruelle, un couple se promène en se tenant la main sans se dire un mot. On dirait qu’ils essaient de passer inaperçus. Ils croisent un jogger qui lui, tous les jours, monte cette ruelle très pentue en soufflant. La femme et le jogger se disent bonjour mais jamais le mari n’ouvre la bouche. Il explique qu’il ne va pas dire bonjour à tous les gens qu’ils croisent et qu’il trouve désagréable cette manie qu’elle a de dire bonjour à tous. Il lui dit qu’elle a dû prendre cette habitude dans son entreprise où c’est la règle. Elle lui répond que non, que ça lui vient des longues promenades qu’elle faisait avec son père en montagne où la règle est de saluer tous ceux qu’on croise. Il lui fait remarquer que la montagne est loin, et elle lui répond en riant que le chemin est très pentu et que ça lui fait du bien à elle, de penser qu’ils ne sont plus en ville en retrouvant cette habitude rurale. Par ce salut, elle s’évade un peu dans une illusion de vacances.

Un jour, une description, 26 avril